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Notre expérience de missionnaires de service

texte Fabrice T

Dès la sortie de la salle de scellement, le jour de notre mariage, nous avons désiré faire une mission de couple le moment venu, et plus précisément au temple. Car ce lieu nous a tout de suite enchanté et nous l’avons ressenti comme étant l’antichambre du Royaume Céleste. Nous aimions y venir et y servir et ressentions que c’était le meilleur endroit pour notre couple.

Nous avons préparé cette mission en nous rendant fréquemment au temple par la suite, en apprenant de plus en plus sur la divinité, sur l’éternité, sur le service et sur le mariage. A tel point que nous retrouver seul dans ce lieu, sans l’autre, était une anomalie douloureuse.

Mais, les années s’accumulant, avec leur lot de difficultés, en particulier au niveau de la santé physique, nous nous sommes rendu compte que nous ne serions pas aptes à rendre ce service si exigeant physiquement. Allions-nous devoir nous effacer ?

Mais il s’est passé quelque chose de merveilleux, comme si le Seigneur était à notre écoute et voulait répondre à notre désir de le servir quelles que soient nos difficultés. Car l’Église a alors « inventé » la mission de service, qui permettait à des couples désireux de servir, mais empêchés de le faire à plein temps et loin de chez eux, de quand même se rendre utiles dans leur pieu. Avec le temps, les possibilités offertes par ce type de service se sont étendues au point aujourd’hui d’être adaptées à tous types de situations. La mission de service allie la bonne volonté, le désir de servir, les impossibilités physiques ou autres, pour permettre à chacun de servir selon ses capacités. C’est une mission à temps partiel permettant à chacun de donner le meilleur de lui-même, de participer à l’établissement du Royaume de Dieu, sans courir plus vite qu’il n’a de forces.

C’est ainsi que le président de pieu, à l’heure de la retraite, nous a appelé à servir une mission de service dans notre pieu qui consiste à être membre d’une autre unité, Chalon, que la nôtre, Porte des Alpes. Nous restons domiciliés dans notre paroisse, et servons en tant que membres d’une autre unité : nous assistons à toutes les réunions de cette branche, nous y sommes instructeurs au foyer et y recevons des appels.

Pour ce qui est de la particularité de Chalon, nous nous y rendons tous les dimanches et 2 fois pas mois en semaine, avec une nuit à l’hôtel, afin d’y accomplir nos visites, activités et entretiens. Ce rythme nous convient et nous permet d’accomplir un service efficace et satisfaisant.

Au-delà des ces faits, ce qui se passe dans notre cœur et dans notre esprit est inestimable et merveilleux. D’abord, il nous a été donné de ressentir immédiatement pour chaque membre de cette branche un réel et profond amour, qui fait que nous sommes très heureux de les retrouver chaque dimanche. Les servir est un plaisir et l’inspiration découlant de cet amour pour le faire nous étonne et nous fait paraitre les choses si naturelles. Les motifs de satisfaction sont nombreux, car l’inspiration est aussi puissante que les actions demandées sont simples et à notre portée. Par de petites choses simples, nous en voyons de grandes s’accomplir comme une conséquence naturelle.

Et si nous sommes appelés dans cette branche, c’est qu’elle a besoin de nous. Et l’accueil des membres est d’une grande chaleur. On ressent beaucoup d’amour et l’on se sent utiles. Nous sommes respectés, écoutés et fortifiés par la foi et la simplicité de chacun. Les mercis et les sourires deviennent un mode de vie bien agréable.

Les membres sont bien éprouvés dans leur vie personnelle, sans doute comme partout ailleurs. Mais ils restent fidèles et voir chacun présent chaque dimanche est pour nous comme une récompense. Nous imaginons les efforts que certains doivent faire pour, non seulement être présents, mais en plus avec le sourire et de la gratitude pour le Seigneur. Cette attitude nous touche beaucoup et nous permet d’oublier ce long trajet que nous devons faire chaque semaine. Nous n’avons pas le droit, ni l’envie, de nous plaindre, tant nos sacrifices nous paraissent petits par rapport à ce que tant de ces membres font chaque semaine. Notre amour débouche sur l’admiration, puis sur le respect et sur le désir de donner encore plus en quantité et en qualité. Ce faisant le Seigneur nous bénit avec encore plus d’amour et d’inspiration pour faire du bien.

En servant dans cette branche, nous nous sentons protégés, libres d’aimer sans arrières pensées, ni calcul, les faiblesses de chacun ne nous étant montrées que pour pouvoir l’aider, et non pour le juger ou le critiquer. Et ça marche. Nous nous sentons écoutés, nous nous sentons respectés : nous nous sentons aimés.

Cette mission nous apporte plus de paix, de calme, d’inspiration, d’amour, de compréhension des Écritures et d’envie de faire la volonté du Seigneur. Le bien qui est en nous est décuplé et le mal est plus facile à maitriser, comme si un manteau magique reposait sur nos épaules.

Mais tout a une fin. Nous ne savons ni quand, ni comment, ni pourquoi, mais elle arrivera et ce sera une épreuve, peut-être la plus dure de cette mission de service.
Merci au Seigneur pour sa confiance ; merci à nos dirigeants d’avoir su répondre à nos besoins, selon nos faiblesses ; merci à tous ses frères et sœurs, que nous sommes appelés à servir, pour leur humilité, leur exemple et leur gratitude.

Nous témoignons de l’inspiration des dirigeants. Nous témoignons de la valeur du service dans l’Église du Christ. Nous témoignons de l’amour, de la puissance et de la rédemption du Christ.

Il vit, Il nous protège, Il est à nos côtés. Notre bonheur est son bonheur ; notre succès est son succès ; nos souffrances sont ses souffrances. Nous le vivons et le croyons, au nom de Jésus-Christ.

Fabrice et Nadine T., missionnaires de service de l'Eglise
Paroisse de Porte des Alpes, Pieu de Lyon France