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En étant préparés ! 

Le dimanche, nous avons une heure de route à faire pour aller à l’église. Une fois les réunions finies, nous prenons le temps de déjeuner sur place, en famille, avant de reprendre tranquillement la route.

Ce dimanche n’était pas différent des autres. Laura, notre cadette de quatorze ans, était sur le point de s’endormir. Notre fils aîné, Victor, seize ans, casque audio vissé sur les oreilles, s’installait confortablement. Quant à moi, je contemplais le paysage, méditant les enseignements de la matinée, tandis que Pascal, mon mari, nous ramenait tranquillement à la maison.

Alors que nous évaluions l’état d’avancement des travaux d’aménagement d’une voie rapide susceptible d’écourter notre temps de trajet, nous avons aperçu deux voitures sur le bas-côté, dont une retournée sur le toit. Le conducteur du premier véhicule, témoin de l’accident, était en train d’appeler les secours.

Machinalement, mon mari a actionné les feux de détresse et s’est rangé sur le bas-côté. Pompier volontaire depuis plusieurs années, il a l’expérience de ce genre de situation. Nos enfants aussi car il les a motivés à devenir Jeunes Sapeurs-Pompiers. Il est sorti le premier de la voiture, suivi rapidement de Victor (bientôt quatre ans d’apprentissage). Je suis restée dans la voiture avec Laura, qui venait d’ouvrir les yeux, et je lui ai expliqué les raisons de notre arrêt. Puis, à mon tour, je suis sortie du véhicule pour m’enquérir de la situation et apporter mon aide si besoin.

Ce que j’ai vu m’a vraiment surprise : il y avait bien un blessé ensanglanté, une voiture accidentée et des morceaux de tôle éparpillées, mais tout était orchestré avec calme et assurance : mon fils à la signalisation pour éviter le sur-accident et mon mari auprès de la victime, qu’il maintenait et rassurait, et inversement. Cela ressemblait à une manœuvre de routine et pourtant c’était la première « vraie » intervention de mon adolescent !  

J’ai donc rejoint ma fille, que j’ai trouvée en train de prier pour l’homme accidenté et sa famille. Le temps s’était comme arrêté : j’observais la scène, reconnaissante que l’expérience acquise au fil du temps permette à mon mari et à mon fils de porter secours de manière aussi paisible et aussi confiante. Les « vrais » pompiers, lorsqu’ils sont arrivés, ont, eux aussi, été surpris du travail déjà effectué et n’ont pas manqué de féliciter les « costumes-cravates » ! 

Puis, comme si de rien n’était, nous avons repris la route. J’étais fière de mon équipe ! Nous n’avons pas été informés de la suite des événements, mais lorsque je repasse cette merveilleuse scène dans mon esprit et que je m’interroge sur la manière dont le Sauveur veut que venions en aide à autrui, la  réponse est simple : en étant préparés !

Catherine B., branche de Quimper (pieu de Rennes)