Une tendre miséricorde… en son temps

    Missionnaire au Temple de Paris, Le Chesnay, France.

    Frère et soeur Sumner

    En 2004, j’ai finalement tenu la promesse que j’avais faite à ma femme de l’emmener en France. J’y avais fait une mission dans ma jeunesse et j’y étais retourné plusieurs fois en voyage d’affaires mais Janet n’avait jamais pu m’y accompagner.

                   Après une semaine passée en Angleterre, nous nous sommes envolés pour la France et avons commencé par visiter la côte normande. Je voulais ensuite visiter Saint-Nazaire, la dernière ville où j’avais servi pendant ma mission, mais il se faisait tard. Nous nous sommes donc rendus en voiture à Nantes pour y passer la nuit et aller à l’église le dimanche. Je voulais me rendre à Saint-Nazaire pour essayer de trouver un jeune couple à qui j’avais enseigné l’Évangile et que j’avais baptisé en mars 1969, mais dont j’avais perdu le contact au cours des années.

                   Pendant la réunion de Sainte-Cène, l’évêque s’est levé et a remis la distinction de la jeune fille accomplie à une certaine sœur. Mon cœur a fait un bond. Je me suis penché et j’ai demandé à un membre de la paroisse si elle appartenait à cette famille qui s’était jointe à l’Église à Saint-Nazaire trente-cinq ans plus tôt. Il m’a dit : - Oui. Ils sont assis au fond à droite.

                   Je me suis retourné et j’ai vu un couple d’âge moyen assis avec sa famille au fond de la salle. Quelles joyeuses et émouvantes retrouvailles !

                   Je m’étais toujours demandé si j’avais fait du bien en France quand j’y étais jeune missionnaire. De les avoir trouvés, avec leurs enfants et leurs petits-enfants fidèles à l’Évangile, a changé mon opinion sur ma mission. L’amour et la reconnaissance qu’ils m’ont témoignés pour leur avoir enseigné l’Évangile de Jésus-Christ a fait fondre mon cœur et nous a remplis, ma femme et moi d’une joie inexprimable.

                   Il ne nous est pas toujours permis de voir dans cette vie les résultats de notre service pour le Seigneur. Il se peut que nous devions attendre de traverser le voile pour rencontrer les gens dont nous avons touché la vie. Cette rencontre faite par hasard n’était pas du tout, j’en suis convaincu, due au hasard, mais était un acte de tendre miséricorde du Seigneur pour me montrer que mon service missionnaire n’avait pas été vain.

                   À présent, en 2019, nous sommes missionnaires au temple de Paris. Chaque fois que ce couple ou des membres de sa famille viennent y servir ou y faire des ordonnances, je ressens la même joie et je remercie mon Père céleste de sa tendre miséricorde.

                   Je témoigne que la promesse du Seigneur, rapportée dans Doctrine et Alliances 18:15 est vraie :

    «Et si vous travaillez toute votre vie à appeler ce peuple au repentir

    et que vous m’amenez ne fût-ce qu’une seule âme,

    comme votre joie sera grande avec elle dans le royaume de mon père !»