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3ème épisode : Les déuts de l'Eglise en Suisse et en Belgique francophones (1850-1900)

3ème épisode : Les déuts de l'Eglise en Suisse et en Belgique francophones (1850-1900)
Avec le départ de Louis Bertrand en 1864, la Mission française est fermée. Pourtant, dès 1850, d’autres francophones rencontrent l’Evangile, en Suisse et en Belgique.
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L’histoire de l’Église en Suisse commence avec Lorenzo Snow, alors en mission en Italie. Celui-ci envoie  Thomas Stenhouse inaugurer l’œuvre à Genève, où, après avoir été ordonné grand-prêtre, il se rend en décembre 1850. En février 1851, frère Snow vient consacrer la Suisse à l’œuvre missionnaire.

Le 5 mars 1851, Jean-Claude Mazuire, de Genève, est baptisé dans le Rhône, suivi de vingt autres convertis la même année. En 1852, le Livre de Mormon est traduit en français et en allemand. Le président Stenhouse éveille l’opposition du pasteur Guers en distribuant des brochures à la sortie du sermon. Son logeur, Frederick Roulet, est baptisé. Automne 1851, frère Stenhouse prêche à Lausanne. Printemps 1852, Robert Morel préside la branche de Genève et François Stoudeman celle de Lausanne. La conversion de Serge Ballif, homme fortuné, permet de publier Le Réflecteur en 1853, magazine de diffusion du message.

En décembre 1853, une conférence réunit à Genève cent-dix convertis. En 1854, Daniel Tyler devient le second président de la Mission suisse. Bien que l’opposition du gouvernement se fasse sentir, les Mormons seront reconnus en 1864, au terme d’une enquête officielle, comme « une secte chrétienne » ayant droit à la protection de l’Etat.

Peu avant la fermeture de la Mission française, le président Bertrand  parle d’envoyer Gustave Choprix, converti de Bruxelles, prêcher l’Evangile en Belgique. Les années 1860 voient la conversion des familles Droubay, (Wallincourt, Nord), et Weyland (Luxembourg). Octave Ursenbach, missionnaire en Suisse, est envoyé à Anvers d’août à octobre 1868, mais le premier missionnaire à baptiser en Belgique sera Mischa Markow. 

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Né le 21 octobre 1854, en Bosnie-Herzégovine, Markow, grec orthodoxe, se rend en 1886 à Jérusalem puis à Alexandrie, à la recherche de la vérité. Au même moment, Jakob Spory, missionnaire en Turquie, a une vision l’envoyant à Alexandrie, pour y trouver un homme en quête de la vraie Eglise. Il finit par rencontrer Markow sur le navire qui les ramène à Constantinople, l’enseigne et Ferdinand Hintze le baptisera le 1er février 1887 dans la Mer Noire. 

En 1888,  frère Markow est ordonné ancien. Frère Hintze l’exhorte à émigrer en « Sion » mais il veut prêcher l’Evangile. Après la Russie et Londres, il débarque à Anvers où, guidé par l’Esprit, il rencontre Karl Beckhaus et sa compagne, Henrietta Esselman, qu’il baptise avec leurs enfants en 1889. De Suisse, arrivent les missionnaires Grimm, Brandley et Taylor, qui, en deux mois, baptisent quatre-vingt personnes.

A Liège, les premiers baptisés sont les Kuhlman (1889) et les Isenbourg (1890). La plupart émigreront. S’organisent bientôt les branches de Bruxelles, Liège et Anvers. En 1896, Jean-Baptiste Ripplinger et Frederick Pieper (fils d’Henrietta Esselman), francophones, connaissent un succès parmi les baptistes de Liège. Le pasteur sermonne sa congrégation mais Ripplinger et Pieper intéressent à l’Eglise plus de cent personnes. Ils enseignent à St. Nicolas, Ougrée et Jehay, autour de Liège. En 1896, vint-cinq personnes sont baptisées. En août 1897, les missionnaires louent une grande salle à Liège et sont parfois contraints de distribuer des tickets pour répartir les participants ! Les familles Camus et Pirotte sont converties, ainsi que Joseph Dieu (branche de Seraing).

Les Saints de Suisse et de Belgique seront, de 1864 à 1911, les vrais soutiens de l’œuvre en Europe francophone.  

* Remerciements à Sylvia Contesse et Marcel Kahne pour la documentation fournie.


Par Christian Euvrard, docteur en Sciences des Religions, auteur d’une thèse de doctorat  sur la socio-histoire du mormonisme en France, en Suisse et en Belgique francophones de 1850 à 2005.